LE FORUM DES OUJDIS ET DE l'ORIENTAL

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 Peur bleue

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Maryse
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Votre région actuelle : St Gilles les Bains - La Réunion -
Date d'inscription : 07/06/2005

MessageSujet: Peur bleue   Dim 21 Aoû - 8:31

Je vous propose un texte que j'ai écrit il y a quelques années, Jayce était en fac à l'époque, c'est ce qui m'est arrivé, véridique, rien n'est inventé...



Ce matin là je m’étais levée tôt pour éviter les bouchons sur la route, car à cinq minutes près, les files de véhicules circulaient pare chocs contre pare chocs. Les jeunes devaient partir plus tard, les cours de droit international à la fac débutaient qu’à dix heures. Ils se lèveraient et partiraient bien plus tard. Je préparais les bols sur la table de manière à ce qu’ils n’aient pas à se préoccuper du petit déjeuner à leur lever.

Je partis donc en prenant soin de bien fermer les portes extérieures, le temps était brumeux et humide, mais la météo prévoyait du soleil dans le courant de la journée. Le jour n’était pas encore complètement levé, je préférais cela car lorsqu’il faisait jour, le soleil levant me frappait en plein visage et me gênait pour conduire surtout lorsque j’arrivais au milieu du pont qui enjambe le Rhône, frontière naturelle entre le Vaucluse et le Gard. Je préférais donc franchir cet endroit avant que les rayons ne viennent caresser l’eau noire et glacée.

La journée passa très vite, huit heures de bureau entre les rendez-vous, les appels téléphoniques, les études d’urbanisme.

Je rentrais très vite à la maison et m’étonnais d’entendre le chat dont les miaulements résonnaient à l’intérieur de l’habitation. D’ordinaire le chat n’était pas autorisé à rester toute la journée à l’intérieur. Je commençais à pester contre les jeunes qui avaient oublié de mettre le chat dehors avant de partir pour leur cours. Je garais la voiture dans le garage et j’entrais dans la maison. Je trouvais qu’i y faisait particulièrement frais, le chat était dans la cuisine dont la porte qui donne dans le jardin était grande ouverte. Je la refermais et inquiète, je fis le tour de toutes les pièces de la maison .Apparemment rien n’avait bougé. Je me dis, soit que les jeunes étaient sortis fumer dans le jardin avant de partir et qu’ils avaient oublié de fermer la porte, soit qu’elle avait été mal fermée et avait été ouverte par le vent.

J’appelais les jeunes pour savoir s’ils rentraient et à quelle heure. Ils faisaient un petit boulot après les cours et finissaient entre minuit et une heure du matin. Je dinais seule, repas plateau devant la télévision comme tous les soirs où je me trouvais seule. Le père de mes enfants avait perdu son emploi et avait trouvé un poste à 700 km de notre région. J’étais seule pendants quinze jours¸ il rentrait au début tous les weekend, puis s’était fixé à un weekend tous les quinze jours par rapport au coût des transports qui grevait notre budget.

Je m’étais adaptée à cette situation même si elle ne me convenait guère. Il refusait que je demande a mutation pour le rejoindre prétextant que les enfants, encore étudiants, avaient besoin de ma présence. Evidemment j’aurais très vite pu obtenir mon affectation en ile de France, il est tellement rare que ce type de demande soit faite lorsqu’on vit dans le Sud.

Je restais longtemps devant le téléviseur, je m’endormais régulièrement lorsque les émissions étaient inintéressantes, j’ouvrais un œil et repartais dans les bras de Morphée. Souvent, j’attendais que les jeunes rentrent, et tranquillisée, je me glissais entre mes draps. Il m’arrivait très souvent d’avoir un bon livre que je lisais tout en regardant les émissions télévisées, puis je me couchais et continuais à lire mon bouquin.

Il devait être près de 23h30 lorsqu’un bruit insolite me tira de mon demi-sommeil. Je dressais l’oreille. J’avais entendu très clairement le bruit que faisait la baie vitrée de la cuisine lorsqu’elle coulissait. Cette large ouverture avait été réalisée par mon époux. Elle présentait une partie fixe encastrée dans un cadre métallique. La deuxième partie était mobile et s’ouvrait grâce à deux rails en parties inférieure et supérieure. Elle faisait un bruit caractéristique lorsqu’elle était manipulée. Un grand volet permettait d’obturer la partie cuisine de la partie pièce où nous prenions nos repas qui s’ouvrait complètement sur le jardin immense. Ce volet donnait une sécurité au reste de la maison, mais nous ne le fermions que lorsque nous nous absentions durant une longue période. Je ne bougeais plus dans mon lit et respirais très légèrement de manière à bien percevoir le moindre bruit. Mon cœur battait à cent à l’heure, il me semblait même que j’en entendais les battements. Il me sembla que le bruit de pas feutrés venait du rez de chaussée tout d’abord, puis j’entendis ce bruit de pas sur les marches qui conduisent à l’étage. Dans cet escalier il y a une marche qui fait un bruit creux¸ elle a toujours fait ce bruit, et bien j’ai entendu le bruit de cette marche et j’ai compris que l’intrus qui avait pénétré était pour l’heure en train de venir à l’étage supérieur. Je commençais à avoir des sueurs froides, mon cœur continuait à s’emballer, j’étais complètement paralysée par la peur et je n’osais même pas cligner des yeux. Les pas à présent frôlaient la moquette du couloir, ils étaient lents et légers mais précis. Ils se dirigeaient vers les chambres, ils passèrent devant la chambre d’amis, la chambre de ma fille, à présent il arrivait devant ma chambre et stoppa, enfin il me sembla qu’il avait stoppé. J’attendais, j’attendais. Je me demandais ce qui allait se passer. Il me semblait que mon cœur à présent s’était arrêté de battre. Il se passa un assez long moment d’angoisse, avant que je réalise qu’il n’y avait personne. Je décidais alors d’allumer la lampe de chevet, je me levais, tout était calme. J’actionnais tous les interrupteurs et je descendis au rez de chaussée, la fenêtre était fermée. Au dehors la pleine lune éclairait le jardin et produisait des ombres inquiétantes dans les endroits les plus paisibles. Dans la cuisine, le cutter que j’avais laissé sur la table n’était plus là, j’avais dû le monter par inadvertance et le remettre dans le tiroir du bureau.

Je remontais et me recouchais. Il était minuit passé, les jeunes n’allaient pas tarder à rentrer. Je repris mon livre mais au bout de quelques pages de lecture, le sommeil triompha.

Je fus éveillée par un bruit de voitures, de portières claquées, j’entendis les clés dans la serrure de la porte d’entrée, puis plus rien. Si c’était les enfants, ils avaient dû aller fumer une dernière cigarette côté jardin, ils savaient qu’il était interdit de fumer à l’intérieur de la maison. Je trouvais qu’ils mettaient beaucoup de temps pour monter se coucher et soudain je m’interrogeais pour savoir s’il s’agissait bien des enfants. Comme je m’apprêtais à me lever, je sentis quelque chose de froid et métallique contre ma carotide, je pensais aussi tôt au cutter qui avait disparu de la cuisine. Un frisson parcourut mon corps, une petite douleur et un liquide chaud et visqueux se mit à couler sur mon cou. Je voulais crier, appeler au secours, mais aucun son ne sortait de mes lèvres, le sang continuait à s’échapper à gros flots. Je ne souffrais pas mais je sentais que mes forces m’abandonnaient. J’étais dans une obscurité la plus totale, mais ma vue était trouble, je me mis à trembler et je sentais la moiteur de mon oreiller inondé de mon sang.

Mon chien qui jusque là dormait au pied de mon lit, s’étira, bailla et fit un petit cri.

Une petite voix murmura « maman tu dors ? J’ouvrais les yeux, mon fils se tenait près de mon lit, il avait posé son doigt sur mon cou pour tenter de me réveiller, inquiet de me voir plongée dans un sommeil si profond, son doigt glacé par le froid de novembre.

Les enfants étaient rentrés, je pourrais enfin m’endormir paisiblement.

La peur m’avait fait me blottir sous la couette, j’avais transpiré, mon oreiller était trempé.

Je souris à mon fils qui alla à son tour se coucher. Personne n’avait laissé la porte de la cuisine ouverte le matin, mais à partir de ce jour là, je n’oubliais plus jamais de tirer le volet.

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Découvrez mon premier livre  
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Marie-Thé
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Date d'inscription : 19/04/2006

MessageSujet: Re: Peur bleue   Dim 21 Aoû - 13:06

Quel cauchemard!

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Un ami fidèle est une tour forte, et qui l'a trouvé a trouvé un trésor.
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Maribel
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MessageSujet: Re: Peur bleue   Dim 21 Aoû - 18:32

Beau récit, Maryse !
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gérardS
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Date d'inscription : 07/09/2008

MessageSujet: Re: Peur bleue   Jeu 25 Aoû - 10:59

Tu sais que tu vis dangereusement, Marysounette !!!

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« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. » - Desproges.
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MessageSujet: Re: Peur bleue   

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Peur bleue
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